Mort pour la France

Le 8 septembre 1914, Paul est tué au combat. Découvrons les circonstances de son décès.

La bataille du Léomont

Du 20 août au 10 septembre 1914, des combats terribles se déroulent sur la colline du Léomont, non loin de Lunéville en Meurthe-et-Moselle. La colline du Léomont est une butte de 337 mètres offrant un panorama sur les vallées environnantes. Cette défense naturelle détenue par les Français est convoitée par les Allemands afin d’avoir une large vue sur les déplacements dans la région. C’est aussi le verrou à faire sauter pour que Nancy tombe.

Le régiment de Paul, le 26e RI, arrive le 25 août dans la zone de combat. Il n’existe aucune trace du quotidien du jeune homme qui, dans la tourmente, n’a pas eu le temps d’écrire la moindre lettre. On peut cependant se faire une idée de ce qu’il a vécu à la lecture des historiques du 26e régiment d’infanterie et de la 11e division.

Historique de la 11e division

En voici quelques brefs extraits :

25 août :  « L’attaque générale a lieu à 16h30, accompagnée par un tir d’artillerie intense : le 26e n’a pas encore eu un pareil accompagnement ! Cela donne des jambes aux fantassins ».

« Le 26 août au matin, le 26ème occupait entièrement la position grand Léomont-Vitrimont jonchée de cadavres ennemis, affirmant son succès par la prise du matériel abandonné par l’ennemi. »

« Le 29 août au matin […] le régiment est en réserve à Vitrimont et est employé à creuser des tranchées […] ».

Le 4 septembre « Le bombardement s’intensifie particulièrement, de 17 heures à la nuit, sur le Grand Léomont. […] A 21 heures, les Allemands attaquent subitement sur tout le front. Nos troupes, d’abord, plient sous le choc. […] Une seconde contre-attaque échoue également, un furieux corps à corps s’engage : Français et Allemands mélangés dans la nuit qu’éclairent seulement des lueurs sinistres de l’incendie, tourbillonnent un moment puis un mouvement de reflux se produit des deux côtés ».

En 3 semaines de combats, la colline a changé de mains 8 fois !

Le dernier combat de Paul

Du décès de Paul, on en connaît la date grâce à la citation posthume, tandis que l’historique de la 11e division d’infanterie, en quelques lignes brèves, donne les circonstances.

Voilà ce que le journal indique pour le 8 septembre :

« 18h Un renseignt fait connaître un mouvt offensif de l’inf.[terie] ennemie sur le col d’Anthelupt et dans le ravin du Moulnot.

18h30 Ordre particulier au C[ommand]t de la 22 Bte de rejeter ces fractions ennemies »

C’est sur cet ordre que la compagnie de Paul s’élance contre les Boches qui s’agitent non loin de là.

Médaille militaire de Paul Etienne @famille Etienne

Paul tombe dès le début de l’offensive, touché par une balle ennemie. Voici comment le colonel du régiment décrit les circonstances de la mort du jeune homme : « Grenadier plein d’entrain et méprisant le danger. A été tué d’une balle, le 8 septembre 1914, alors qu’il marchait à l’attaque en tête des grenadiers de la compagnie. » Si ces propos doivent être lus avec précaution car l’administration militaire prenait soin de valoriser les soldats tués par respect pour leur famille endeuillée, Paul n’en a pas moins reçu la médaille militaire à titre posthume.

Ainsi se termine la guerre de Paul, ainsi que sa vie, toutes deux si brèves. Il aurait eu 23 ans le mois suivant.

3750 autres soldats ont également péri sur la colline de Léomont.

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